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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 08:59

5 ETOILES-copie-1

le-vieux-qui-lisait-des-romans-d-amour

                          Commenter ce court roman de 110 pages susciterait des propos à la fois catégoriques et nuancés, brutaux et légers, à l'image des hommes frustes qui en sont les héros, et qui mènent une vie simple, rude parfois, et toute de nonchalence dans cette forêt amazonienne, dégoulinante de ses verdeurs humides - et qui loge une faune redoutable.

Le "Vieux" qui en est le héros (en espagnol, "viejo" est moins dévalorisant qu'en français) se rappelle qu'autrefois il savait lire, et demande à ce qu'on lui amène des romans d'amour, pleins de cette souffrance amoureuse qu'il ne connut pas chez les peuples de la forêt, chez qui le sexe va de soi, livres qu'il arrive, laborieusement, à lire debout pour ménager son vieux dos, et avec une loupe, seul succédané de lunettes approvisonnable dans la forêt.

 

Cette tranquillité, inféodée à un équilibre fragile, exigeant des règles de vie en symbiose stricte avec la nature et avec la faune, sera troublée par des hommes sans scrupules, d'abord pour leur propre perte ; mais les cadavres des gringos dévorés par les fourmis laisseront derrière eux un grave contentieux, comme cette puissante femelle jaguar, devenue la rage même...

 

Luís Sepúlveda, né en 1949 au Chili, connut la notoriété par ce bref roman, salué à la fois par les prix "Relais H" et "France Culture", antipodes de la littérature: le 1° jouant probablement sur le titre (romans de gares) - le second sur le contenu !

L'auteur signe là une oeuvre très actuelle qui, dans un style imagé efficace, profond, prenant et divertissant à la fois, nous conte la vie des hommes de la forêt pluviale, sous un fond d'écologie authentique, ignorante des poncifs de salon.

Il y a du "Vieil homme et la mer" dans ce roman...

 

JCP

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 19:35

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                                    Tâche malaisée que de parler de ses lectures favorites - et de l'un de ses auteurs favoris - il serait tentant de s'en débarrasser par un : "Lisez ce livre qui m'a beaucoup plu" - pourtant il est à craindre que ce livre ne fasse pas l'unanimité...mais celles et ceux qui découvriront cet auteur, par cet ouvrage - son premier roman - ou par "Le Rivage des Syrtes", chef d'oeuvre pour lequel il refusa, avec panache, le Goncourt 1951, et auront la chance d'y succomber, sauront se rappeler de Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier (1910-2007), grand voyageur ("Carnets du grand chemin", "Lettrines"), toujours fidèle à son fleuve, la Loire, et à ses affluents ("Les Eaux étroites").

 

Souvent la forme (et quelle forme !) prend le pas sur le fond, volontairement laissé flou ; chez Julien Gracq - ce roman n'y déroge pas - c'est précisément ce qui peut plaire ou déplaire, remarqué à ses débuts par Breton, et qualifié d'impressionniste, ce qui se vérifie ici, où l'action, (insensible, angoisante et trouble, inexistante presque à nos yeux - et donc surdimensionnée), se déroule dans un château qui, pour n'être pas véritablement hanté, n'en est pas moins étrange, à l'image de ses résidents, dont les raisons de vivre et d'aimer demeurent floues, voire suspectes, et lourdes de non-dits...


Sous la plume unique de Julien Gracq, tout n'est que velléité d'action dans ce décor menaçant au romantisme noir, où les grands arbres de la forêt qui enserrent les murailles d'une demeure à la fois riche, et à la beauté sinistre et grandiose, paraissent inoculer leur sève vénéneuse à chaque pierre froide, à chaque porte, à chaque meuble, rendant insupportable de tension l'attente d'une action à laquelle on ne croit pas - ou qui - peut être, s'est, à notre insu, déjà produite, comme on le laisse, par certains traits, supposer...ou bien est-ce que l'on aurait-on mal compris ?...

 

JCP

 

(N'existant pas en collection économique, les ouvrages de J. Gracq, suprême coquetterie au charme suranné, nécessitent le coupe-papier - autre raison d'apprécier comme de détester cet auteur - qui ne se laisse pas si aisément appréhender...si vous m'en croyez...)

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 17:13

4 ETOILES

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Grand classique s'il en est, ce roman eut un immense succès à sa sortie - et son titre donna naissance à une expression aussi connue que sa trame: Lassé de la vie et résolu au suicide, le héros pènètre désabusé chez un vieil antiquaire, qui lui cède une peau de chagrin (le chagrin est une peau tannée de façon particulière - d'âne ou de chèvre) capable de réaliser un à un tous ses souhaits, excepté qu'à chacun d'entre eux la taille de la peau réduit, diminuant par là sa puissance - mais aussi la vitalité de son possesseur...qui, résolu à mourir, n'en a cure.


On peut être déçu à la lecture de certains passages car, si l'auteur annonce la couleur assez vite, on a le sentiment qu'une fois alléchés, il nous abandonne un peu, tenant un propos éloigné de la magie attendue qui paraît - pourtant présente - oubliée dès que Raphaël quitte l'antiquaire et rencontre sa nouvelle vie sur le trottoir...

Mais ce serait sans compter sur la plume "magique" de Balzac : la visite de la boutique de l'antiquaire est un fabuleux morceau d'anthologie, comme les décors tendus autour des incroyables banquets et réceptions mondaines où l'on voit Raphaël assouvir ses désirs de puissance, de richesse, de séduction, sans retenue...au mépris du possible rétrécissement final...

 

Balzac d'a pas tenu semble t'il à écrire un roman dit "fantastique", souhaitant peut-être demeurer dans l'écriture crédible - du grand Balzac.

 

JCP

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 09:09

4 ETOILES

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Par la voix de "Big Brother", l'écran espion, omniprésent, surveille et dirige chaque moment de la vie dans cette société où l'homme, qui n'est pas encore robot, y ressemble déjà.

Cette fiction prend la forme d'une prophétie à portée politique, à travers une société totalitaire basée sur la production et le rendement, policée à chaque minute du jour et de la nuit, où la pensée même, orientée déjà, subit des fouilles redoutables...alors que la parole, cadrée par une langue nouvelle, la "Novlangue", privée des mots interdits, doit à terme suffire au peuple pour une communication de travail et d'obéissance...

 

L'oeuvre de George Orwell (Inde, 1903 - Londres,1950) porte la marque de ses engagements politiques (en 1936 il combattit dans les rangs républicains espagnols, et fut blessé).

 

 

JCP

 



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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 10:50

4 ETOILES

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                                                          Moins connu que "Les Misérables" ou "Notre dame de Paris", ce superbe roman est un véritable poème de la mer, à travers le combat solitaire d'un homme qui, seul, avec sa connaissance de la mer et son talent de forgeron, va tenter de renflouer un bateau à vapeur échoué au large, pris dans une passe étroite, entre les roches abruptes d'un écueil battu par les flots rageurs.

Sauver la "Durande" et sa précieuse machine, l'arracher en héros à la mer redoutable: Gilliat entrevoit la promesse d'un avenir meilleur, où sa demande en mariage auprès de Déruchette, la fille de l'armateur, prendrait une autre dimension...

 

 

Amoureux de la mer, Victor Hugo nous dévoile ses beautés les plus secrètes (la découverte par Gilliatt de la grotte sous-marine dégagée par la marée, véritable morceau d'anthologie !), comme les terreurs les plus profondes qu'elle inspire aux hommes qui, inlassables, la défient, la défieront, encore, toujours...


 

JCP

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 18:01

5 ETOILES-copie-1

 

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Incontestable chef d'oeuvre, ce roman à portée philosophique, qui conte le mal de vivre d'un jeune célibataire désoeuvré vivant dans le modeste meublé d'une petite ville de la côte normande - hormis un projet littéraire qui le lassera - demeure terriblement actuel.

Il devient conscient que la nausée - que l'on nommerait aujourd'hui déprime - l'habite en permanence, lui donnant le dégoût de toutes choses et de lui-même, de l'inutilité de la vie, de ce qui l'entoure, des gens, de l'amour.

Il trouvera pourtant une raison de vivre...

 

Peu d'action, le temps s'étire nostalgique, parfois un peu comme chez Proust - mais on ne s'ennuie pas chez Sartre, et le livre lu nous habite longtemps encore.

 

Indispensable et à relire - pour qui prend plaisir à la littérature à l'état pur.

 

JCP


 

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 16:45

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Émile Zola (1840 - 1902), Les Rougon-Macquart

 

                Incontournable grand classique de la littérature française, "Les Rougon-Macquart" d'Émile Zola, vaste, unique et incomparable fresque humaine de ce 19° siècle, tellement riche en histoire, inventions, progrès, évolution industrielle, guerres, révolutions et contre-révolutions...

De 240 pages (Le Rêve) à 570 pages (La Débâcle), d'une moyenne approximative de 340 pages en collections économiques, les 20 volumes de l'oeuvre peuvent se lire de façon incomplète, sporadique et dans le désordre sans aucun préjudice pour le lecteur, mais il est probable qu'en lisant un, on n'en restera pas là, et que l'on succombera à la puissance évocatrice de la plume du grand ZOLA, comme à son expression littéraire et poétique...

 

 

Ceci n'est qu'une annotation personnelle de mes préférences :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Inutile pour la lecture de quelques uns des romans, mais intéressant pour aller plus loin dans la connaissance des branches de ces deux familles, les Rougon et les Macquart, imaginées par Zola, l'arbre généalogique des personnages présents dans les vingt volumes:

 

Zola_-_Arbre_genealogique-copie.jpg

 

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JCP

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 12:32

4 ETOILES

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"Un mécanicien de locomotive, tourmenté par une lourde hérédité, et qui ne s'entend vraiment qu'avec sa machine... Une femme qui semble née pour faire le malheur de tous les hommes qui l'approchent... Un juge pétri de préjugés, prêt à renier la justice au profit de l'intérêt social ou politique... Tels sont les personnages de ce drame, un des plus sombres qu'ait imaginés le romancier des Rougon-Macquart.
Vivante et précise comme un reportage, puissante comme une épopée, son évocation du monde des chemins de fer au moment de leur âge d'or va de pair avec la vision d'une humanité en proie à ses démons héréditaires et sociaux - l'alcoolisme, la misère -, et chez qui la jalousie et la convoitise charnelle portent le meurtre comme la nuée porte l'orage."

"Chez Zola, les choses surgissent égales dans leur réalité et se reflètent, élargies, jamais déformées, répugnantes ou séduisantes, laides ou belles indifféremment, dans ce miroir de vérité, grossissant, mais toujours fidèle et probe, que l'écrivain porte en lui". (Maupassant, Choses et autres).

 

Résumé partiel et regard de Maupassant sur l'écrivain (Au dos de l'édition du "Livre de Poche")

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17° Volet des "Rougon Macquart" qui en compte 20, on retrouve là le Zola du "Ventre de Paris", de "L'Assommoir" et de "L'oeuvre", dans une atmosphère plus pesante et sombre encore, celle des quartiers populaires de la capitale au 19° siècle, de ses personnages qui se débattent  pour échapper à la misère, incapables de céder à la convoitise, au pouvoir arbitraire mais rémunérateur, à l'alcoolisme qui exacerbe la jalousie et mène au meurtre...

Le roman le plus noir de Zola, et le seul qui prenne des allures de roman policier où, comme souvent, la vérité doit s'effacer devant le pouvoir - et ne pas l'éclabousser...

 

JCP

 

 


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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 10:44

4 ETOILES

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Qu'on ne s'y méprenne pas: cet ouvrage n'est pas un manuel à l'usage des amateurs de thé, mais une approche de l'art de vivre asiatique, plus précisément japonais, qui tente de détruire les contre-vérités tenaces que l'Occident entretient, encore et toujours, sur le pays du soleil levant, à l'art de vivre méconnu, voire méprisé.

Au delà d'un juste courroux, l'auteur, d'une plume allègre aux images poétiques, essaie de nous apprendre le Japon et sa philosophie de vie, à travers le thé, important phénomène de société multiséculaire, tellement incompris des Occidentaux.

 

Un livre autre, passionnant (170 pages).

 

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...Et pour les kamikazes fous qui souhaiteraient en savoir plus sur le thé authentique

(tisane anglaise au lait exclue):

FEUILLE DE CAMÉLIA

 

JCP

 

 

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 12:02

3 ETOILES

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Le parcours terrifiant d'un colonel de hussards fuyant son Piémont natal pour une affaire de duel, et qui doit traverser la Provence en pleine épidémie de Choléra, pour y retrouver son frère. Cerné par la maladie, il s'improvisera infirmier, échappant à la mort et aux quarantaines, où l'on ne vit guère longtemps. Accusé d'y avoir empoisonné la source, il se réfugie sur les toits de Manosque, où il vit un moment dans les maisons désertées, y rencontrant une jeune femme, Pauline...

 

Le roman le plus connu de Giono, de par ses adaptations cinématographiques, immersion au coeur d'une épidémie foudroyante enveloppant un vaste territoire, à laquelle on ne peut échapper par les routes, coupées par la troupe.

Remarquable analyse des comportements humains de toutes les couches de la société, harcelées par la mort omniprésente et la contagion foudroyante, où le courage et l'abnégation côtoient, attisées par l'horreur, les pires bassesses...

 

JCP


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