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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 02:18

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                Malgré des efforts réitérés et une immense bonne volonté, il est difficile d'apprécier vraiment le style et les romans de Modiano, que l'on dit pourtant appartenir aux plus grands auteurs actuels, style d'un intimisme si éthéré qu'il traverse sans atteindre vraiment, à travers des récits qui s'étirent avec si peu d'action, et pour tout dire souvent ennuyeux.


Au fil de ses romans, se déroulant pour la plupart dans le cadre étriqué des rues de Paris, dégoulinantes de grisaille, de tristesse et d'ennui, on est lassé de l'énumération incessante de noms de rues, de stations de métro, de places et de lieux sans description aucune - lieux dont l'énoncé des seuls noms serait censé faire vibrer la fibre parisienne - pas celle du "Provincial" en tout cas - (mot à l'usage de la capitale).


Et l'on retrouve ici aussi la boite à biscuits, piquée de rouille et liée du vieux ruban, enfermant les photos jaunies, image doucereuse d'un passé nostalgique à l'encre violine pâlie, écrits d'une main diparue, image ténue faite de manques, de regrets et de pleurs...


Pas pu dépasser la moitié de celui-ci...désolé Mr Modiano, je ne parviens pas à être de vos admirateurs, pourtant nombreux.

 

Citation, parmi une foule d'autres du même type, extraite de ce roman, mais qui peuplent  la plupart des autres:

"La pluie s'était arrêtée place blanche quand j'ai pris le métro...je suis descendue à porte Maillot, etc..."

 


 

Autres ouvrages, lus avec plus d'intérêt:

-Un cirque passe

-Rue des boutiques obscures

-Quartier perdu

(Les deux derniers titres en disent long sur le décor...)

 

JCP

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 09:52

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                                       Immense travail de collecte, lecture et traduction que ce recueil sans équivalent de contes et légendes écrits (ou de tradition orale) autour de la boisson la plus consommée au monde après l'eau.


Certes, connaître un peu le thé authentique, et l'esprit asiatique imprégné de la philosophie Bouddhiste qui l'entoure est un plus permettant de savourer plus en profondeur ces contes et légendes - certains fort anciens.

Certes, l'Occidental verra là une part de naïveté - mais vidons, le temps du livre, notre esprit cartésien contaminé du vacarme de ce siècle : emplissons le de ces lignes rafraîchissantes et laissons un moment le progrès, assassin de la vie naturelle et du rêve, une coupe de thé vert, Long Jing ou Sencha, devant soi.

 

Pour sourire, rêver et s'ouvrir à la vraie perception du thé, autour d'un art et d'une philosophie de vie que nous pouvons faire nôtre - pour un moment - ou davantage.


Merveilleux.

 

Quelques misérables vers, inspirés par cette lecture:

http://feuilledecamelia.canalblog.com/archives/2012/06/11/22211397.html


 

Autre lecture, recommandée pour mieux comprendre la perception du thé au Japon, et en Asie : Okakura, "Le Livre du thé"


 

JCP

 

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 09:07

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                                   Cet ouvrage, se voulant scénario de film dédié à André Cayatte, jamais adapté au cinéma, fut un très grand succès en tant que roman - et demeure aujourd'hui un grand classique du genre "science fiction" à ses débuts (écrit en 1968).

 

Les restes d'une civilisation disparue depuis de nombreux millénaires, largement plus aboutie que la nôtre dans le domaine de la science et des valeurs humaines, sont mis à jour sous les glaces de l'Antarctique.

Conservés par un générateur de froid au "zéro absolu", deux représentants marquants sont ranimés...

 

Remarquable et fascinant.

 

JCP


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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 06:50

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                                           Carnet de voyage du grand botaniste-aventurier anglais Robert Fortune, qui parcourut au milieu du 19° siècle les territoires de la Chine, de l'Inde, des Philippines, et autres pays de l'Asie récemment (et plus ou moins) ouverts au commerce international.

C'est au péril de sa vie, atteint des fièvres, bravant tempêtes esquivant brigands, faisant le coup de feu sur les pirates pour préserver sa vie et celle de ses compagnons de voyage, apprenant la langue, parfois vêtu à la chinoise,  qu'il ramènera à pleines cales de voiliers quantité de plantes exotiques aujourd'hui communes, telles orchidées, camélias, weigelias, rhododendrons, chrysanthèmes, hortensias, glycines...la liste est longue.


Mais il s'informera aussi sur l'élaboration et le trafic de l'opium (sans le pratiquer semble t'il...), et surtout sur l'importante culture du thé: il déjouera les croyances entretenues par les Chinois auprès des Occidentaux autour du camelia sinensis, faisant état de deux plantes distinctes pour le thé vert et le thé "noir", obtenus comme on le sait du même arbre.

Les Chinois consommant à peu près exclusivement du thé vert, que les Anglais ne savent ni préparer ni apprécier tant ses saveurs sont délicates, ces derniers élaboreront en Inde un thé "noir" torréfié plus conforme à leur goût rustique - qu'ils se donnent pour raffiné. Ce concept du thé, purement occidental, perdure jusqu'à nos jours dans la même ignorance des grands crus verts et oolong, fleurons du goût asiatique - malgré quelques percées, marginales encore au pays de la gastronomie qui semble les ignorer.

Si cet ouvrage nous apprend les origines des plantes qui peuplent nos jardins et nos séjours, il en dit long sur les lieux les plus peuplés comme les plus reculés de l'empire du milieu dans les années 1840.

 

De raideur anglaise et hautain envers les "naturels" comme leur religion "ayant trait à de faux dieux", le style n'est pas celui des grands écrivains, mais celui d'un narrateur botaniste et naturaliste (1812-1880) avant tout et malgré tout.

Les noms de plantes portant aujourd'hui le suffixe "fortunei" ou "fortuniana" furent découvertes et ramenées par lui en Angleterre avant d'être diffusées en Occident.


Autres lectures conseillées (voir critiques sur ce blog):

La Montagne de l'âme, Gao Chingjian

Le livre du thé, Okakura (qui traite de l'esprit du thé et non du thé)

Le Singe pèlerin, Wou Tch'eng-en

Au bord de l'eau, Shi Nai-an

Oreiller d'herbes, Sôseki

Contes de la chambre de thé, Sophie de Meyrac

 

En savoir plus sur le thé authentique:

http://feuilledecamelia.canalblog.com/

 

 

JCP

 

 


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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 10:19

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Tout le génie inventif de Wells imprègne déjà ses nouvelles, au nombre de sept ici. Le rêve, le fantastique, l'insolite et l'incroyable y figurent à chaque page, dans ce style 19° siècle anglais "tellement correct" - et tellement savoureux.

Préfigurant "La guerre des mondes", les Martiens y sont déjà présents ... entre autres fantaisies qui valent bien celles de Jules Verne et Edgad Poe réunis.

 

Chez les bouquinistes ou sur commande, réédition récente improbable....

 

JCP

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 07:17

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                           Un peu méprisé jusqu'ici le roman très connu de cet auteur qui ne le fut pas moins...jusqu'à le lire et changer radicalement d'avis !

 

La vision froide et détachée d'un "adulte" sur cette période qu'il ne fit pas sienne, et si chère à mon propre souvenir (1967-1970...) est remarquable, de lucidité comme de vérité.

Des "évènements" de mai 68 jusqu'à la fin dramatique, Barjavel nous emmène sur "la Route" du pays de toutes les promesses - dont tous ne reviendront pas, victimes des drogues, du manque d'hygiène et des maladies ; ou pour les plus malchanceux, des brigands sévissant encore dans les lieux les plus reculés.

 

Cet excellent roman nous gratifie de très belles envolées lyriques et poétiques.

A lire, même si l'on n'a pas vécu ces "années folles" là.

 

JCP

 

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 09:36

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                            Délicat de commenter véritablement ce roman (1956, 14 ans après "L'Étranger") sous forme de monologue, confession d'un client de bar à un autre qui, lui, ne prend pas la parole - monologue que l'on qualifierait aujourd'hui de "déjanté" - sans en trahir, justement, la chute...

Clamence se définit comme "juge-pénitent" depuis qu'il a laissé se noyer une femme sans lui porter secours, point de départ de sa chute. Désormais à la recherche de la vérité, du sens de la vie et s'accusant lui-même comme accusant l'humanité entière...

 

Une forme inhabituelle pour ce bref roman sombre et désorientant, un soupçon d'humour dans le sérieux supérieurement affecté du personnage unique qui s'estime au delà de tout, et que son "double" juge pourtant...

 

Camus aurait écrit ce roman marqué par son impuissance devant son épouse dépressive, qui se jeta par une fenêtre de l'hôpital psychiâtrique où elle était internée, d'où le titre.

 

JCP

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 08:57

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                                               On ne trouvera dans cet excellent roman ni envolées lyriques ni traits de haute littérature, ceci n'est pas le style de Robert Merle - excellent romancier à peine un peu bavard ici -, d'autant que le sujet s'y prête peu.

 

Au lendemain d'une guerre nucléaire totale, les survivants ne sont pas légion, comme dans la cave à Malevil, dans les habitations semi-troglodytes ou les tunnels environnants de cette campagne lotoise, vraisemblablement située au sud de Fumel.


Tapis de cendres sur le sol, corps et troncs d'arbres calcinés, ruines, radio-télévision muettes, le progrès technique voit sa fin...

Les survivants de plusieurs familles, réunis dans la cave du château médiéval de Malevil, où l'on embouteille le vin, vont être confrontés à la convoitise des biens que possèdent seuls les paysans : vaches, cochons, volaille, grain, chevaux, seuls biens ayant conservé un sens.

 

D'autres nécessités vont voir le jour, et dans cette vie redevenue tribale où le fusil de chasse, l'arc, les barrières et les fortifications gardées font à nouveau force de loi, il va falloir apprendre à tuer pour la survie du groupe.

 

Un sujet qui n'a cessé d'être actuel, magistralement traité par Robert Merle.

 

A conseiller vivement aux accros (pas tous "ados") des impermanentes modernités techniques, téléphoniques et imageuses...

 

Ce roman fut adapté à l'écran en 1981, avec M. Serrault, JL. Trintignant, J. Villeret, J. Dutronc notamment.

 

 

JCP

 

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 06:48

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Troisième volet de "La divine comédie", l'Enfer de Dante est le plus cité.

 

Chef d'oeuvre de poésie rédigé en alexandrins, il dépend beaucoup de sa traduction, bien que celle des langues latines soit plus aisée dans le respect du contenu comme de la rime.

La traduction lue est celle de Louis Ratisbonne (image non conforme), conservant versification et rime (certaines, se voulant plus proches du texte, n'en tiennent pas compte). Grand débat que celui-ci - mon opinion personnelle étant que versification et rime otés nous privent de leur musique, ici remarquable malgré de probables et inévitables "entorses" au texte.

 

Mais Dante (1265, Florence - 1321 Ravenne) ne se borna pas à son talent de poète imaginatif et sensible, il écorne ici (le mot est faible !) les grands de son époque, qu'ils soient monarques, courtisans en vue ou prélats : le pape en personne est condamné à la consumation lente au plus profond des enfers, pour des raisons qu'il cite ! - Les vérités ainsi clamées firent de son auteur un fugitif jusqu'à la fin de sa vie - mais elles étaient dites, et il faut saluer plus que bas tel courage en ces temps où les religieux régnaient autant que les rois !

 

Grand classique connu et reconnu, à lire absolument pour qui goûte la poésie, et la remise en cause des grands et des puissants, qu'ils soient papes ou rois.

 

De bien modestes vers, inspirés par cette lecture:

http://chansongrise.over-blog.com/article-dantesque-108652520.html

 

 

JCP

 


 

 

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 23:50

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                    Refusé par son éditeur, ce premier ouvrage, pourtant remarquable, ne fut publié que tardivement par son auteur - ayant atteint la notoriété par d'autres romans tels que "Les gommes" ou "la jalousie", qui lui valurent comme on le sait le titre de "Chef de file du nouveau roman".

 

Une fiction totale dont l'action, lente, éthérée, incertaine, désorientante et angoissante, se déroule sur une île (grande et très peuplée...?...) à laquelle on reconnaît tous les caractères du pays de son auteur, la Bretagne, ses côtes rocheuses, ses landes, ses oiseaux de mer, ses langueurs et ses tempêtes, ses brisants, son phare...

 

On assiste à la naissance de ce style nouveau, dans un amalgame résolument flou et incertain, à peine suggéré parfois, de descriptions, de réflexions du personnage principal mêlées à celles l'auteur lui-même, le tout fondu, indistinct, dans sa part de rêve. Ce style déstabilisant, joint à une plume remarquable, non avare de superbes traits littéraires et poétiques est donc celui du "Nouveau roman" - qualifié ainsi par les critiques.

 


(Dans un cadre maritime différent et dans un style parfois approchant, on peut avoir une pensée pour "Le rivage des Syrtes" de J. Gracq).

 

Remarquable.

 

 

JCP

 

 

 

 

 

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