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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 17:53

3 ETOILES

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Il ne s'agit pas là de se délecter de littérature pure ni de poésie - le style, populaire et rugueux, est adapté au sujet - mais d'un récit qui nous plonge dans l'Amérique agricole et "profonde" du début du 20° siècle, à travers le parcours de deux compagnons de misère, mal assortis et pourtant inséparables: George - et Lennie -, redoutable colosse à la modeste cervelle, incapable de vivre sans l'aide de George dont l'ambition, conforme au "rêve américain", est de posséder son petit lopin de terre, où Lennie s'occuperait de lapins, une tâche toute à sa mesure...

 

Tous deux sont ouvriers agricoles, plus ou moins en cavale des suites des "bêtises" de Lennie, dont la caresse, sans nuance bien que tendre - fatale aux souris attrappées vivantes - menace de prendre d'autres tournures, auprès de chiots encore fragiles, puis d'une excitante créature qui semble, insouciante - ou fascinée - du danger, l'y inviter...

 

Ce court roman, qui sent la poussière jaune de la route, le grain des récoltes d'orge et la paille des écuries, qui nous montre les abysses d'un milieu masculin rude, cruel et brutal, à l'amitié incertaine, se lit avec un plaisir simple mais profond.

Sans qu'ils soient exprimés, les sentiments profonds de ces hommes rugueux sont pourtant suggérés au lecteur, qui devra les exhumer - plus forts.


John Steinbeck est aussi l'auteur des "Raisins de la colère" roman qui, tout comme celui-ci, fut l'objet d'adaptations cinématographiques.

 

JCP

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 18:08

4 ETOILES

 

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Ci-dessous: le port de Paimpol d'où embarquent les "Islandais", une place de Guingamp (en 2006), et les falaises de Paimpol qui, comme chacun sait, sont à Plouha !

 

 

 

 

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            "Bretagnophile" convaincu, cette première lecture de "Pêcheur d'Islande" - il n'est jamais trop tard - m'a plongé plus loin dans ces Côtes d'Armor, que je connais surtout estivales, claires et bleutées - bien que parfois grises et de mer rageuse aussi : Paimpol, Guingamp et sa cathédrale (à l'intérieur sinistre, en effet), Ploubazlanec, la pointe de Pors Even, la chapelle de la Trinité...

Écrivain au talent incontestable, qui peint si bien les tristesses d'une Bretagne rude, grise et tempétueuse, tout entière tournée vers la mer mangeuse d'hommes...et ses joies aussi, parfois trop brèves - sous l'empreinte lourde de la religion, Pierre Loti, né en Charente Maritime, repose à St Pierre d'Oléron.

 

 

JCP

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 16:18

4,5 ETOILES

 

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"Si vous avez le malheur de lire les trois premières pages de ce roman, vous n'aurez plus aucune chance de lui échapper": cette affirmation du magazine "LIRE" s'avère hélas parfaitement jusifiée, et il convient d'être averti avant d'ouvrir ce livre sur un banc par météo incertaine : vous pourriez poursuivre sa lecture sans savoir qu'il vous pleut dessus !

Incontestable chef d'oeuvre de l'écrivain contemporain Carlos Ruiz Zafón, né à Barcelone: la critique en est inutile: il faut le lire !

                              OMBRE-2opie.JPG                                                                                                                                                           Ci-contre: intéressant complément de photographies commentées au roman, sous la forme d'une interview de l'auteur, qui nous emmène dans les quartiers de Barcelone où se déroule l'action: un plus pour celles et ceux qui connaissent l'imposante capitale de la Catalogne - comme pour les autres.

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 09:29

5 ETOILES-copie-1

rivage-des-syrtes.jpg

 

Comment parler de l'un de ses ouvrages préférés, comment parler de Julien Gracq et de son style inimitable, de sa façon surréaliste d'aborder le roman, d'appréhender la nature et l'humain...?


Tout en littérature, avec de larges touches de poésie et d’un sujet à peine émergent (Flaubert eût approuvé !), cet ouvrage au mystère latent et entretenu par l’auteur jusqu’au bout, porte la menace d'évènements à peine évoqués, auxquels on ne sait croire, sous l'atmosphère pesante, lymphatique et trouble d'un pays imaginaire que l’on croit décadent, sous le soleil écrasant d'un bord de mer menaçant des apparitions improbables d'un ennemi dont on ne parle pas, mais avec lequel on respecte une paix jamais signée, à l'issue d'une guerre séculaire qu'un seul faux pas pourrait ranimer...


Le désert des marécages herbeux aux portes de la cité, le port qui se meurt sous les senteurs de rouille des bateaux vieillissants comme la population, rare, de ce poste avancé de l’extrême sud du pays écrasé de soleil, où vient séjourner une bourgeoisie énigmatique et décadente dans un vaste château au luxe vieilli, une citadelle et des militaires harassés du non-agir, de l’absence d’évènement – évènement qu’ils pourraient provoquer par jeu, des amours étranges, tels sont les ingrédients, décrits sous le halo poétique des lumières maritimes des rivages de ce livre attachant - qu'il faudra lire plusieurs fois sans lassitude : les amoureux de la littérature à l'état pur le doivent.


JCP


...La guerre des Syrtes a t'elle eu vraiment lieu ?...

 

La Guerre des Syrtes

 

 

Symbole d’Orsenna, le vieux canon rouillé,

Sur son affût de bois observe le rivage,

Et se souvient rêveur d’un horizon brouillé

Par la fumée le sang la poudre et le carnage,

Les bateaux éventrés dans la passe des Syrtes,

Les senteurs de la mort couvrant celles des myrtes ;

Mais aujourd’hui pourtant par la paix revenue

Il laisse le soleil réchauffer sa peau nue.

 

Sur les grèves lissées, la mer qui se retire

Laisse un miroir d’argent, où le ciel qui se mire

Repousse à l’horizon ses immenses troupeaux

De vapeurs effilées comme des oripeaux ;

Et masquant au lointain le soleil qui se lève,

Des nappes de brume que quelques rayons crèvent,

Font passer sur les eaux les diaphanes clartés

Que connaissent seules les matinées d’été ;

Sur la mer animée d’une brise légère,

Un doux ressac berceur sous des senteurs de terre,

Les oiseaux envolés puis à nouveau posés,

Tout parle d’un bonheur aux reflets irisés.

 

Mais d’un vent capricieux l’horizon se découvre,

Et la brume échappée que le soleil entrouvre

Dégage vers le sud une vision d’effroi :

Plus de cent étraves en un vaste convoi

Fondent sur Maremma, grand largue à toute voile,

Repoussant un flot lourd ourlé d’écume pâle.

 

Et du bastion déjà jaillissent les couleurs ;

Aux fortifications une foule s’affaire -

Tous ses regards braqués vers les envahisseurs -

Courant l’arme à la main, telle une fourmilière

Qu’on aurait dérangée sous un pied malveillant,

A l’appel des clairons enflés d’échos vibrants.

 

Dans le cri de métal des vieilles crémaillères

On pointe vers la mer les batteries côtières,

Et le pont des bateaux n’est que piétinement

Sous les cris emportés de cent commandements,

Qui pourtant répétés lors des grands exercices,

Paraissaient mieux réglés en des combats factices.

 

L’escadre des Syrtes d’un héroïque élan

Franchit enfin la passe et vire bout au vent,

Offrant à l’ennemi - cruelle maladresse -

Des bateaux ralentis à leurs salves épaisses.

Les Syrtéens atteints sont bientôt clairsemés,

Maremma dévastée n’est que flamme et fumée...

 

Mais, tiré de son rêve où la vison se brouille,

Le vieux canon du fort a frémi sous la rouille :

Il ne voit qu’une mer vide et calme alentour,

Les fumées du Tangri sur les lointains de Rhages,

La flotte aux quais du port, et sur les hautes tours

La relève du guet, le dos vers le rivage,

Qui devise gaiement sur des sujets futiles -

Et les oiseaux toujours, par vagues sur les îles,

Semblent dire eux aussi, dans leurs ricanements :

« - La guerre des Syrtes - a t’elle eu lieu vraiment ?... »

 

 

17-23 07 11  A Julien Gracq, JCP

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 08:43

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Virgile (70 av JC - 19 av JC): l'Énéide.

 

 

De la même veine que l'IIliade et l'Odyssée d'Homère, ce roman, écrit en vers latins à l'origine, conte l'épopée d'Énée qui, après avoir participé à la guerre de Troie, doit se rendre en Italie avec mission d'y fonder Rome, malgré la déesse Junon qui le fait échouer sur les rivages africains où Didon, reine de Carthage, s'éprend de lui.

Énée la quitte pourtant, son irrésistible destinée est l'Italie...

 

Écrivains, poètes et musiciens ont trouvé de tout temps inspiration à leurs oeuvres à la lecture de l'Énéide, comme à l'Illiade et l'Odyssée.

 

(Préférence personnelle pour l'Énéide, dans cette traduction fluide de Maurice Lefaure revue par Sylvie Laigneau, dont les élans poétiques paraissent ne pas avoir été trahis)

 

JCP

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 07:31

4 ETOILES

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Wou T'cheng-en (1505-1580)

 

Ce roman est un grand classique chinois qui conte les aventures délirantes d'un singe aux pouvoirs magiques infinis, pouvoirs qu'ils place au service du mal dans un premier temps, mettant un beau désordre sur terre comme aux cieux pour, rendu à la raison par plus fort, accompagner un moine bouddhiste en Inde, avec pour mission de ramener les Écritures sacrées, prétexte à une ébourriffante randonnée peuplée de dragons, de monstres terrifiants de dieux et de guerriers terribles ... et les protagonistes, y compris le cheval, connaîtront illumination et immortalité !


Beauté, absurde, laideur, poésie, sottise, folklore, pouvoir, religion, bureaucratie, critique, moquerie, ridiculisation des mythes, de la religon, des dieux, des philosophes, des monarques, tout cela fait un roman terriblement divertissant - et qui ne ressemble à aucun autre...


Traduction très convenable offrand de beaux élans littéraires, du chinois par arthur Waley et version française par George Deniker.

 

Dans la même veine et plus fameux encore en Chine:

"Au bord de l'eau" de Shi Nai-an  (14° siècle) - 1900 pages, 2 vol. "Folio"

 

JCP

 

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 14:39

5 ETOILES-copie-1

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Également rencontré sous le titre de "Trois contes", en compagnie de deux autres nouvelles, St.Julien l'hospitalier et Hérodias, recueil que certains considèrent comme l'aboutissement de l'art Flaubertien, et ceci plus précisément dans "Un coeur simple" - comme aime à le déclarer Fabrice Lucchini. Ne passons pas sous silence cependant "Salammbô" et le Roman de la momie....

 

Un coeur simple est, comme le disait Flaubert, un rêve presque abouti: composer un roman tout en littérature, "presque sans sujet"...

Lu quatre fois d'un plaisir renouvelé, l'intérêt de cette nouvelle ne m'avait pas apparu en première lecture, son sujet, banale histoire très 19° siècle, d'une bonne à tout faire au sein d'une famille bourgeoise, n'a vraiment rien d'original, et pourtant ...

 

(Figure sur mon étagère des cent préférences)

 

JC

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 12:02

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1° Volet des Rougon Macquart, qui comporte 20 volumes,celui-ci est de ceux auquels j'éprouve un plaisir inépuisable à la relecture: Il se dégage, au sens japonais du terme, une indéfinissable "fraîcheur" de ce roman.

L'aire St Mitre, ancien cimetière et terrain de jeu des gamins du bourg, qui de temps à autre déterrent quelque ossement, les amours adolescentes de Miette et Sylvaire, que la révolution naissante ne laissera pas s'épanouir, le romantisme des causes perdues...la richesse malhonnêtement acquise qui côtoie la pauvreté, le drame, et quelques touches de poésie sous la plume de Zola - qui pourtant ne fut pas poète...un tout qui fait de ce roman un de ceux que je placerais sur l'étagère aux cent préférences.

 

Vaste fresque du 19° siècle, tellement riche en évènements, que les Rougon Macquart !

 

JC

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 11:59

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Un roman qui va plus loin qu'un roman et mérite lecture et relecture.

La philosophie de l'absurde, la désinvolture au banal du quotidien qui mène au tragique, tragique pris avec la même désinvolture par le héros de cette histoire simple, et pourtant peu commune si l'on y regarde de près.

 

Lu la première fois sans en saisir toute la portée, ce roman, accesible à tous, contient plus que ses mots ne disent de prime abord.

Pour une immersion dans le mythe de l'absurde cher à Camus, qu'il développa également dans dans trois autres ouvrages : Le mythe de Sysiphe, Caligula, Le Malentendu.

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 11:16

Extraits de l'émission "La Grande Librairie" du jeudi 10 nov 2011

JMG Le clézio revient à la nouvelle, un genre qui a déjà fait son succès avec "Mondo et autres histoires"

... à lire ..? - Pour ma part je l'envisage.

 

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