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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 19:35

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                                    Tâche malaisée que de parler de ses lectures favorites - et de l'un de ses auteurs favoris - il serait tentant de s'en débarrasser par un : "Lisez ce livre qui m'a beaucoup plu" - pourtant il est à craindre que ce livre ne fasse pas l'unanimité...mais celles et ceux qui découvriront cet auteur, par cet ouvrage - son premier roman - ou par "Le Rivage des Syrtes", chef d'oeuvre pour lequel il refusa, avec panache, le Goncourt 1951, et auront la chance d'y succomber, sauront se rappeler de Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier (1910-2007), grand voyageur ("Carnets du grand chemin", "Lettrines"), toujours fidèle à son fleuve, la Loire, et à ses affluents ("Les Eaux étroites").

 

Souvent la forme (et quelle forme !) prend le pas sur le fond, volontairement laissé flou ; chez Julien Gracq - ce roman n'y déroge pas - c'est précisément ce qui peut plaire ou déplaire, remarqué à ses débuts par Breton, et qualifié d'impressionniste, ce qui se vérifie ici, où l'action, (insensible, angoisante et trouble, inexistante presque à nos yeux - et donc surdimensionnée), se déroule dans un château qui, pour n'être pas véritablement hanté, n'en est pas moins étrange, à l'image de ses résidents, dont les raisons de vivre et d'aimer demeurent floues, voire suspectes, et lourdes de non-dits...


Sous la plume unique de Julien Gracq, tout n'est que velléité d'action dans ce décor menaçant au romantisme noir, où les grands arbres de la forêt qui enserrent les murailles d'une demeure à la fois riche, et à la beauté sinistre et grandiose, paraissent inoculer leur sève vénéneuse à chaque pierre froide, à chaque porte, à chaque meuble, rendant insupportable de tension l'attente d'une action à laquelle on ne croit pas - ou qui - peut être, s'est, à notre insu, déjà produite, comme on le laisse, par certains traits, supposer...ou bien est-ce que l'on aurait-on mal compris ?...

 

JCP

 

(N'existant pas en collection économique, les ouvrages de J. Gracq, suprême coquetterie au charme suranné, nécessitent le coupe-papier - autre raison d'apprécier comme de détester cet auteur - qui ne se laisse pas si aisément appréhender...si vous m'en croyez...)

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Publié par JCP (n'adhère pas à Fesse-bouc) - dans Lectures
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