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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 00:10

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On s'amuse beaucoup à la lecture du roman de Marivaux, en partie autobiographique, qui écrivit surtout pour le théâtre.

 

Certes, d'autres que lui ont pris et repris le thème du privincial "monté" à Paris, et qui y fait merveille de sa belle figure, de son esprit charmeur et de ses facilités à se fondre sans scrupules au système d'une riche bourgeoisie, portes grandes ouvertes par les épouses oisives qu'il séduit, parvenant toujours plus haut vers la réussite - et parfois la chute.

 

Des "marivaudages", il en est à chaque page, et de belle variété, associés à une lutte sans merci contre le clergé qui ne l'entend pas ainsi. Face à l'incontournable tradition religieuse, castratrice des plaisirs de la bourgeoisie (auxquels souvent le clergé s'adonne), une hypocrisie de bon aloi est de règle (il n'en est pas autrement de nos jours dans ce "grand" pays d'outre-atlantique).

Censure religieuse oblige donc, et s'il est ici question d'amour et de libertinage, il n'est certes jamais question de sexe, au point où l'on se demande, tant il est gommé, si réellement il est le but. Il faut pourtant se distraire et tuer les journées: l'épaule si blanche, le cou dénudé, le pied menu et la gorge prometteuse de voluptés suffisent bien, une main sur le genou eût interdit l'ouvrage.

 

Étourdis par la ronde infinie des rencontres du héros tombeur de ces Dames qui, chacune de son pouvoir le propulse toujours plus haut - et donc vers la conquête suivante -, cet ouvrage est un excellent divertissement, écrit dans ce langage tellement savoureux du milieu du 18° siècle !

 

On n'a ici rien d'autre à faire qu'à minauder, susurrer à longueur de temps des traits amoureux, faire échange de civilités de bon aloi, s'assurer la survie financière de hautes influences; on se visite dans les salons, au théâtre (la pièce n'est pas regardée), on s'y lance mille regards, on s'observe à la jumelle - précieuse aux ragots, on se connaît dans les fiacres, dans le feulement parfumé des étoffes de soie (les senteurs de crottin sont passées sous silence...). Dans une raideur de tenue comme de langage, on observe jusqu'au fond de l'oeil les sentiments de l'autre, quittes à déverser des torrents de pleurs lorsque le langage ne suffit plus.


...On regrette que l'ouvrage se ressente d'avoir été laissé inachevé par Marivaux et terminé par un auteur anonyme.


 

JCP

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Publié par JCP (n'adhère pas à Fesse-bouc) - dans Lectures
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commentaires

Windows 7 support now 26/12/2013 13:25

Thanks for the share and I am glad that you have taken the time to share this article with the readers and people who are interested in readings and different book collections. I have learned some of the best information updates about the news and people.

JCP 05/12/2012 17:19


Bonjour Martine, l'éternel sujet, cher aux écrivains du 19°, du provincial qui, monté à la capitale, casse tout !


Tout le théâtre de Marivaix et Musset, diable, ça fait une somme.


J'ai le théâtre de Musset, et je projette bien sûr de le lire plus tard...


A+  Bises, JC


 

Martine 05/12/2012 06:32


Bonjour Jean-Claude,


J'ai lu tout le théâtre de Marivaux, Beaumarchais et Musset.


Ce roman m'est inconnu


Bises


Martine

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