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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 09:05

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Roman "futuriste".

                                   

On a envie d'être indulgent à la lecture du premier roman véritable de Barjavel si l'on a fait connaissance avec lui par "Les chemins de Katmandou", "La nuit des temps", ou "Colomb de la lune", incontestables succès.


Il y a certes quelques faiblesses dans ce roman d'anticipation, et le style de l'auteur y est encore en gestation, pourtant l'idée du progrès poussé à son paroxysme et s'autodétruisant par lui-même, formulée en 1942 de surcroît, est remarquable - et paraît d'une l'actualité plus brûlante aujourd'hui, même si le dit "progrès", tel que nous le connaissons, aurait pu apporter un surcroit de réalisme au roman écrit de nos jours.

 

Réchauffement de la planète dans un pays à la nature reléguée au rang d'antiquité, plus d'électricité, plus d'énergie autre que musculaire, il faut quitter les villes incendiées, sans nourriture et sans eau potable, fuir le choléra et les pillards affamés vers les campagnes.

 

Des relents de "Ravage" dans "Malevil" de Robert Merle, qui écrivit un roman plus abouti sur le sujet (issue de guerre nucléaire totale et retour à la vie naturelle), situé, lui, dans les années 70, alors que Barjavel, écrivant en 1942, nous situe en 2050, dans une société fragilisée ayant tout misé sur le progrès et les énergies artificielles "du futur".

 

Le dernier chapitre et la fin auraient mérité d'être affinés, voire édulcorés de quelques excès - mais il est certain que ce même sujet, traité par son auteur parvenu à la maturité dont il fait preuve dans "La nuit des temps" eût fait un chef d'oeuvre du genre.

 

Un Barjavel en devenir, avec quelques lourdeurs encore, mais qui annonce déjà le grand romancier.

 

JCP

 

Publié par JCP (n'adhère pas à Fesse-bouc) - dans Lectures
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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 16:13

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L'auteur de "1984" poursuit ici sa démarche contre les sociétés totalitaristes:

Lassés de la criminelle domination humaine, les animaux de la ferme se révoltent et chassent l'homme, sous la houlette de cochons (les animaux les plus intelligents) animés des meilleures intentions.

On travaille pour se nourrir et être heureux, aucune autre pensée ne préside à la révolution, et dans un premier temps, en effet, le paradis semble être descendu sur terre, à la ferme du Manoir rebaptisée pour l'occasion "Ferme des Animaux".

 

On s'en doute, les choses vont se gâter, jusqu'à ce que la vie y devienne plus insupportable que sous la houlette de Mr Jones, le fermier alcoolique.

 

 

Un grand classique.

 

Du même auteur: "1984" (recommandé)

 

JCP


Publié par JCP (n'adhère pas à Fesse-bouc) - dans Lectures
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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 00:44

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                       Dans ce recueil (trad. Claude David) figurent exclusivement les écrits qui parurent du vivant de l'auteur - et avaient son agrément, sachant qu'il avait demandé à son ami Max Brod de détruire le reste de son oeuvre après sa mort - (dont ses chefs d'oeuvre "Le Procès" et "Le château"), ce qu'il ne fit pas, le publiant au contraire.

Kafka (Prague, 1883 - Kierling, 1924), souffrant dès l'âge de 29 ans de la tuberculose qui l'emporta, écrivait en allemand.

 

La métamorphose est la plus longue (70 pages) et la plus connue de ces oeuvres brèves, la plupart aussi sombres et graves que contant des situations absurdes, qui refètent une période de sa vie troublée et malheureuse (notamment mésentente avec sa famille et surtout son père).

 

"Lorsque Gregor Samsa s'éveilla un matin au sortir de rêves douloureux, il se retrouva dans son lit changé en un énorme cancrelat."

D'emblée le fait est irrévocable, tout espoir de retour en arrière est coupé, et il devra finir ses jours caché dans sa chambre, sujet à la crainte puis à la haine du reste de sa famille (père mère soeur), soulagée dès sa mort, qui ouvre pour eux d'heureuses perspectives (déménagement, mariage pour la fille).

Le désamour, uniquement lié à son apparence hideuse, changé en haine meurtrière (le père l'agresse et le blesse) est significatif, au delà de l'absurde de la situation, de sa vie affective, repoussé sans espoir par les siens. L'opposition au père, dont il devient la victime persécutée, est mise en avant, alors que sa soeur, qui l'aimait jadis, se préoccupe peu de le nourrir et de satisfaire à ses besoins essentiels.

 

"Le Verdict", autre texte figurant dans ce recueil, est tout autant significatif de ses rapports avec un père à l'autorité haineuse insoutenable, qui y condamne son propre fils à "aller se noyer" - ce que ce dernier fait le plus simplement du monde à la fin.

 

"Le soutier" est, malgré son étrangeté, plus optimiste pour le personnage principal - auquel il s'identifie probablement là aussi.

 

Un grand classique.


 

 

JCP


Publié par JCP (n'adhère pas à Fesse-bouc) - dans Lectures
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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 00:10

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On s'amuse beaucoup à la lecture du roman de Marivaux, en partie autobiographique, qui écrivit surtout pour le théâtre.

 

Certes, d'autres que lui ont pris et repris le thème du privincial "monté" à Paris, et qui y fait merveille de sa belle figure, de son esprit charmeur et de ses facilités à se fondre sans scrupules au système d'une riche bourgeoisie, portes grandes ouvertes par les épouses oisives qu'il séduit, parvenant toujours plus haut vers la réussite - et parfois la chute.

 

Des "marivaudages", il en est à chaque page, et de belle variété, associés à une lutte sans merci contre le clergé qui ne l'entend pas ainsi. Face à l'incontournable tradition religieuse, castratrice des plaisirs de la bourgeoisie (auxquels souvent le clergé s'adonne), une hypocrisie de bon aloi est de règle (il n'en est pas autrement de nos jours dans ce "grand" pays d'outre-atlantique).

Censure religieuse oblige donc, et s'il est ici question d'amour et de libertinage, il n'est certes jamais question de sexe, au point où l'on se demande, tant il est gommé, si réellement il est le but. Il faut pourtant se distraire et tuer les journées: l'épaule si blanche, le cou dénudé, le pied menu et la gorge prometteuse de voluptés suffisent bien, une main sur le genou eût interdit l'ouvrage.

 

Étourdis par la ronde infinie des rencontres du héros tombeur de ces Dames qui, chacune de son pouvoir le propulse toujours plus haut - et donc vers la conquête suivante -, cet ouvrage est un excellent divertissement, écrit dans ce langage tellement savoureux du milieu du 18° siècle !

 

On n'a ici rien d'autre à faire qu'à minauder, susurrer à longueur de temps des traits amoureux, faire échange de civilités de bon aloi, s'assurer la survie financière de hautes influences; on se visite dans les salons, au théâtre (la pièce n'est pas regardée), on s'y lance mille regards, on s'observe à la jumelle - précieuse aux ragots, on se connaît dans les fiacres, dans le feulement parfumé des étoffes de soie (les senteurs de crottin sont passées sous silence...). Dans une raideur de tenue comme de langage, on observe jusqu'au fond de l'oeil les sentiments de l'autre, quittes à déverser des torrents de pleurs lorsque le langage ne suffit plus.


...On regrette que l'ouvrage se ressente d'avoir été laissé inachevé par Marivaux et terminé par un auteur anonyme.


 

JCP

Publié par JCP (n'adhère pas à Fesse-bouc) - dans Lectures
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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 11:17

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Ce roman n'est pas triste ! - Qui connaît son auteur n'en sera pas surpris.


Deux hommes déçus par la vie décident, venus chacun de leur côté, par la corde et l'arme à feu, de se suicider dans la même vieille cabane au bord du lac des Grives, au même moment.

De la rencontre insolite, naît une amitié puissante, point de départ d'aventures aussi rocambolesques qu'hilarantes, autour d'une association de suicidaires créée par les deux protagonistes - dépassés par leur succès et contraints d'embaucher une secrétaire...

Le groupe grandit, on ne se quitte plus, on fait ripaille à toute occasion, on part tous réunis en autobus grand confort et sans but - autre que rencontrer la mort....???

 

Pour acculer la tristesse au suicide !

 

JCP



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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 09:30

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                                  Sensément adressé aux enfants, le Petit Prince se lit la vie entière, et s'apprécie, voire se perçoit mieux encore à l'âge adulte.

Perdu dans le désert, l'homme fait appel à ses capacités oniriques, aussi utiles à sa survie que sa connaissance mécanique (il doit réparer son avion). Il va à la rencontre de l'enfant qu'il était, toujours en sommeil en nous, et tellement plus raisonnable que l'adulte...à travers l'ingénieux stratagème du Petit Prince rencontré, et doué de pouvoirs magiques - mais aussi de la perception des revers humains.

 

Un livre de philosophie poétique pour tous, à lire et à relire.

 

Du même auteur: Vol de Nuit, Terre des hommes.

 

JCP

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 01:59

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                     Ceux que la part du rêve et la poésie rebutent ne voyant là rien de possible ou même de plausible, s'arrêtant au cartésien, crieront au conte naïf - c'en est un. D'autres, différemment avisés, y verront la bouffée d'air frais dont notre monde si triste et si gris a tant besoin...


L'auteur des Chemins de Katmandou et de La nuit des temps nous emmène pour un voyage délirant vers la lune, lorgnant davantage vers "Le petit Prince" de St Exupéry et Jules Verne que vers "L'odyssée de l'espace", écornant au passage percées scientifiques et "progrès", ajoutant de-ci-de-là quelque portée philosophique, le tout avec beaucoup d'humour sous une plume inspirée:


Réjouissant et rafraîchissant !

 

JCP

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 08:09

 

Alice

 

 

"Et elle tenta de s'imaginer à quoi pouvait ressembler la flamme d'une bougie éteinte, car elle n'avait souvenir d'avoir jamais rien vu de pareil."


Lewis Carroll

 

 

Morceau d'anthologie du dessin animé Walt Disney :


 

- Alors, une demi-tasse seulement je vous prie !

 

 

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 00:39

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                                Les avis divergent sur ce roman policier selon Robbe-Grillet, écrit dans ce style qualifié de "Nouveau roman".

Aussi imprécise qu'incertaine en est la trame: le lecteur qui peinerait à se laisser porter par le récit flou, entraîné dans cette histoire de meurtre que l'on croit simple et qui gagne en opacité à chaque page, peut sortir désorienté de cet univers bien réel, sous-tendu d'absurde par le seul hasard, amalgame incertain de coïncidences heureuses ou malheureuses, de chance et de malchance...


Mais pour qui se laisse emmener, voire balloter sans résister, gratifié de superbes traits littéraires, qu'importe l'histoire ou le dénouement: le plaisir de lire un des très grands auteurs de notre temps est présent de bout en bout.

 

 

Autres lectures du même auteur recommandées:

Un régicide, La jalousie.

 

 

JCP

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 12:09

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Recueil de nouvelles comprenant:

- La femme adultère

- Le renégat

- Les muets

- L'hôte

- Jonas

- La pierre qui pousse

 

Certaines déconcertantes, jamais inintéressantes, toutes dans le style des plus grands.

La poésie, le rêve, la passion, le mystique, le surnaturel habitent ces pages.

(Préférence personnelle pour "La pierre qui pousse", avec ses descriptions lyriques du cadre sauvage et de ceux qui le peuplent)

 

JCP

 

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